A ce stade de notre voyage, remarque d’Annabelle : « finalement, les hébergements, c’est une affaire de blancs ». Pour la contredire, nous voilà dans l’île de Huahine. En fait deux îles reliées par un pont, Huahine Nui et Huahine Iti, un peu en dehors des circuits touristiques. Là, j’ai choisi la pension Ariitere, à nouveau pour son emplacement, près du village principal Fare. Il y a des vélos à disposition, qui nous permettront de visiter les sites archéologiques du nord de l’île (les marae) et de rejoindre une belle plage, la plage de l’ancien hôtel Sofitel, un site paradisiaque autrefois occupé par un hôtel de luxe. A l’aéroport, nous sommes accueillis très chaleureusement par deux femmes, Manola et Vetea. Elle nous font faire le tour du village pour nous montrer la poste, le supermarché, les roulottes, les (deux) banques, les (deux) stations-essence. La pension se compose de trois « bungalows » et de deux chambres, serrés autour d’une petite piscine. Notre logement ressemble à un « cabanon » : une chambre, petite, avec un lit double et un lit simple, un cabinet de toilette avec douche et eau chaude, et une terrasse couverte qui fait office de cuisine, avec un réfrigérateur et une cuisinière des années 60 (que nous n’aurons même pas l’occasion de tester). Ici Alexandre est obligé de prendre le lit simple, car sur le lit double, il y a une moustiquaire rigide, qui n’est pas assez longue pour lui. Le confort est simple, la décoration plutôt inexistante, mais il ne manque rien d’essentiel. La météo est assez mauvaise, il pleut, et il doit encore pleuvoir le lendemain de notre arrivée. Manola nous indique que la pension met à disposition de ses clients deux voitures de location. Il y en a une disponible pour demain, 5000 XPF la journée. Nous décidons de la prendre, sans signer aucun papier. Je ne me souviens même pas avoir montré mon permis de conduire. Alexandre a pu conduire également, nous étions tous les deux assurés. Nous avons pu descendre jusqu’au sud de Huahine Iti, déjeuner dans « le » restaurant de l’île pour le repas tahitien du dimanche, et passer l’après-midi sur la plage de l’ancien hôtel Hana Iti (un autre hôtel de luxe, bien plus original que le Sofitel, logements dans les arbres extraordinaires, dont il ne reste plus rien). Cette pension appartient à Juanito et Yva, mais le couple est actuellement à Tahiti, car Yva est soignée pour un cancer. Manola est la sœur de Juanito, elle fait de son mieux pour maintenir la pension en état… mais sur la dizaine de vélos à disposition, il n’y en a pas un en état. La moitié n’a pas de frein, l’autre moitié n’a pas de vitesse. Ce n’est pas très grave, le nord de l’île est très plat. Plus gênant : sur celui d’Alexandre, la selle ne tient pas. Il doit faire toute la fin de notre balade en danseuse… Il y a des antivols… mais pour la plupart, la clef est perdue… Ici, nous prenons les petits déjeuners (ils sont deux fois moins chers qu’à Moorea). Le premier jour, Vetea a remarqué que dans les fruits, nous n’avons pas mangé la papaye et qu’Annabelle n’a pas bu son jus d’ananas. Le deuxième jour, nous avons seulement banane, mangue et ananas, et Annabelle a un jus multifruits. Tout n’est pas parfait, mais Manola et Vetea sont « aux petits soins ».